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Interview du blog CaSeSaurait

CaSeSaurait est un blog qui vous aide à vous sentir mieux sans pour autant vous inciter à consommer grâce à ses nombreux conseils et réflexions sur notre société. Nous avons eu la chance d’interviewer sa créatrice Sabrina qui à répondu à nos questions. 

 

Ca Se Saurait

 

Club Féminin : Peux-tu te présenter ? 

Sabrina Debusquat : Je m’appelle Sabrina Debusquat, j’ai 27 ans et un parcours de vie éclectique et bien rempli qui m’a poussé à vivre de ma passion : transmettre aux autres, partager. Journaliste indépendante spécialiste des sujets santé je suis également animatrice à Radio France et j’ai créé le site CaSeSaurait.fr il y a plus de trois ans. Élevée dans une famille aveyronnaise j’ai très tôt été sensibilisée à l’écologie, aux économies (oui certains stéréotypes sur les aveyronnais ne sont pas faux !) et à la beauté de la nature. Je passe beaucoup de temps sur Internet à l’affût des sujets dans l’air du temps dont je parle ensuite à mes lecteurs, souvent en avance sur les grands médias traditionnels.

 

Club Féminin : Ton blog est extrêmement intéressant, il englobe à la fois des conseils beautés et bien-être, mais aussi de nombreux articles sur la culture, la société, l’actualité, la littérature, la philosophie et j’en passe. Pourquoi avoir fait ce blog ? 

Sabrina Debusquat : J’ai créé CaSeSaurait il y a trois ans parce que des copines et collègues me demandaient sans arrêt mon avis sur tel ou tel cosmétique, sa compositions, ses dangers, ses propriétés. Après avoir créé un document Word que je leur envoyais je me suis dit : « pourquoi ne pas ne faire un blog pour le partager à encore plus de gens ? ». CaSeSaurait était né (sous le premier nom très évocateur de BiopasCher). J’ai ensuite vite ressenti le besoin d’aller plus loin et j’ai proposé des articles santé sur ce que je testais (sevrage du sucre blanc, arrêt progressif de la pilule) puis est venue la catégorie Humeurs qui propose des articles sans langue de bois sur notre société actuelle, le porno, la place des jeunes, le féminisme.

J’assume entièrement le mélange de sujets de fonds et d’autres plus légers car l’écologie et la santé (tant physique que mentale) passent avant tout par les gestes de la vie quotidienne, même les plus infimes. Beaucoup de gens n’ont pas le temps ni les idées pour apprendre à consommer différemment. Mon but est de montrer comment on peut très facilement changer ses habitudes pour éviter tout produit nocif, sans se prendre la tête, ni se ruiner. Ce blog est celui des grandes questions et des petites astuces parce que c’est ainsi qu’est faite notre vie. Les petites actions mises bout à bout ont autant d’importance que les grands questionnements philosophiques.

 

Club Féminin : Écris-tu à côté de ton blog ? 

Sabrina Debusquat : Et pas qu’un peu ! J’écris des articles santé plutôt avant-gardistes en tant que journaliste indépendante pour le magazine Nexus (violences médicales faites aux femmes en novembre 2014, le flux instinctif en juillet 2015 ou encore sur les vaccins en septembre 2015). Je suis également en train d’achever un roman sur la résilience et la violence intra-familiale ainsi que deux e-books sur la santé et le bien-être au naturel que je proposerai sur mon site.

 

Club Féminin : Ton blog est très simple et enrichissant, on se retrouve souvent dans tes articles. Quelles sont tes sources et comment trouves-tu l’inspiration ? 

Sabrina Debusquat : J’essaie effectivement d’écrire simplement sans pour autant baisser le niveau intellectuel car je crois que mes lecteurs ne viennent pas pour qu’on leur prenne la tête avec un style ampoulé. Mon écriture est simple, à mon image. Mon inspiration c’est ma vie, mes nombreuses lectures, mes rencontres. Ça peut aller d’une vidéo de Lilou Macé regardée entre midi et deux sur Youtube à un livre de Nietzsche feuilleté la veille en passant par une discussion entendue à l’arrêt de bus ou d’articles de bloggeuses. Si l’on apprend à s’ouvrir à ce que la vie pose sur notre chemin on remarque que l’on a plusieurs fois par jour l’occasion de se poser des questions. 

 

Club Féminin : Pourrais-tu nous donner un conseil pour être en forme malgré un rythme de vie éprouvant ? 

Sabrina Debusquat : C’est marrant parce que c’est exactement le sujet de mon e-book à paraître Métro, boulot… bonheur ? qui propose dix piliers pour combler corps et esprit en société moderne. Je pense que la plus importante des prise de conscience c’est de se reconnecter à son instinct. Nous savons au fond de nous ce qui nous rend malheureux mais nous n‘arrivons pas à mettre en place des choses pour lutter concrètement contre tout cela. Pourquoi ? Parce que nous nous voilons la face. Parce que nous ne nous écoutons pas. Nous avons progressivement accepté de ne pas être épanouis, de gagner un salaire misérable au regard de l’énergie engagée, de consommer frénétiquement pour se consoler et nous refusons de regarder en face nos vies vides de sens parce que cela nous fait peur.

Le jour où vous affrontez cette vérité vous n’arrivez plus à revenir en arrière. Parce que vous avez compris qu’en ne vous écoutant pas vous passez à côté de votre vie et que c’est trop grave pour balayer cela d’un revers de main. Nous subissons ce rythme de vie éprouvant uniquement parce que nous avons peur. Pour continuer à vivre à peu près normalement nous étouffons ces peurs. Faites-face à ces peurs, à cette tristesse, écoutez votre voix intérieure qui vous dit qu’il faut arrêter, changer, râler, remettre en question et vous verrez que tout ce que vous croyiez impossible ne l’est pas forcément. Le fait de s’écouter permet de fuir quand c’est trop et donc de ne pas en arriver au point où le rythme devient épuisant. Mon conseil serait donc : écoutez-vous et fuyez quand cela ne vous convient plus. Ne vous résignez pas, demandez, obtenez, battez-vous et ne croyez pas que vous ne valez rien. Toute autre solution serait superficielle et vous remettrait tôt ou tard face au même problème.

 

Club Féminin : Quelle place a le Bio aujourd’hui pour toi ? Est-ce selon toi, important de se mettre au bio

Sabrina Debusquat : Le bio est essentiel si l’on pense au futur mais aussi au présent. Au présent consommer bio pour soi et sa famille c’est éviter des perturbateurs endocriniens responsables de cancers, de malformations et de problèmes de fertilité. C’est aussi encourager une agriculture qui ne rend pas malades les agriculteurs et les sols. Au futur c’est comprendre que la façon dont nous cultivons intensivement nos terres les bousille à jamais. C’est prouvé, l’agriculture intensive en remuant le sol comme elle le fait et en y injectant des produits chimiques le rend petit à petit stérile et inutilisable pour le futur. Le bio est donc plus cher mais nécessaire car sans lui nous scions tout simplement la branche sur laquelle nous sommes assis. De plus, aujourd’hui la permaculture (agriculture bio qui n’abîme pas les sols) a prouvé qu’elle était capable de produire autant et même plus en rendement que l’agriculture intensive alors qu’est-ce qu’on attend pour la généraliser ? L’agriculture chimique n’a plus aucun argument en sa faveur.  

Je consomme donc un maximum bio mais surtout brut et local car ce sont deux paramètres tout aussi importants à prendre en compte. Manger uniquement des biscuits bio à longueur de journée ou faire venir des bananes de l’autre côté du globe n’a pas de sens côté santé ou environnement, le bénéfice est donc annulé. Bio oui mais pas n’importe comment !

 

Club Féminin : Aurais-tu un conseil bien-être 100% naturel à donner à nos lecteurs ? 

Sabrina Debusquat : Il y en a beaucoup, cela dépend quelle est la problématique mais, pour rejoindre ce que je dis à la question précédente, mes conseils en cosmétique comme en alimentation sont les suivants :

– aller au produit le plus brut possible, sans transformation, cela évite les produits dangereux ou la perte de nutriments. (Exemple : se démaquiller avec une huile végétale sur un coton mouillé et cuisiner un peu chaque soir des plats très simples avec des bons légumes).

– consommer le plus local possible pour réduire les coûts de transport et court-circuiter les intermédiaires qui gonflent les prix.

– ne pas vouloir se ranger dans une case (végétarien/ien, frugivore, etc.) et apprendre encore une fois à penser par soi-même, loin des gourous modernes de la nutrition, ne pas passer des heures à penser à son alimentation c’est certainement le conseil bien-être le plus important à mettre en place à notre époque.

Ces conseils suffisent à eux trois à se sentir nettement mieux !

 

Photo Sabrina Debusquat ELLE

Club Féminin : Qu’est ce qui est le plus important dans la vie selon toi ? 

Sabrina Debusquat : Vous allez dire que je radote mais : s’E-COU-TER ! Personne d’autre que vous ne sait mieux ce qui lui convient alors arrêtez de vous faire dicter votre vie par tel ou tel expert, tel ou tel spécialiste. Ces gens-là ont aussi leurs névroses, leurs doutes, ils ne sont pas toujours mieux placés que vous pour vous dire quoi faire de votre santé, de votre vie. Si vous parvenez à cette confiance en vous, à cet équilibre, vous serez alors un être épanoui qui pourra aider à son tour les autres, rayonner pour eux. Si vous tentez de donner alors que vous êtes vidés rien de bon n’en sortira.

 

Club Féminin : Quel est ton livre favori ? Pourquoi ? 

Sabrina Debusquat : J’en ai trois. La Lumière du Monde de Christian Bobin qui sonne comme un éclair de vérité, optimiste et transcendant. Les femmes s’emmerdent au lit de Sonia Feertchak, une analyse géniale et drôle de ce qui cloche dans les rapports hommes-femmes de nos jours et Le Gai Savoir de Nietzsche qui, malgré sa misogynie, propose des pépites de lucidité à chaque page.

 

Club Féminin : Enfin, que pouvons-nous te souhaiter pour le futur ? 

Sabrina Debusquat : Que la véritable mission de vie que j’entreprends à travers mon site pour un futur meilleur prenne corps dans la réalité des générations futures et pourquoi pas dès maintenant ☺

 

 

Pour plus de renseignements rendez-vous sur son blog : 

http://ca-se-saurait.fr   

 

 

Vidéo : Arte reportage : Manger sain info ou intox


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Auteur : Club Féminin


Commentaires :

  • http://en.wikipedia.org/wiki/User:Belbernard Bernard Bel

    J’aime beaucoup lire ce genre de témoignage qui apporte une autre vision que le « jeunisme » et « l’antijeunisme », objets de discussions de comptoir relayés par de nombreux médias… Très encourageant aussi de ne pas reproduire une classification conservatrice des idées entre « sujets sérieux » (ex. Nietzsche) et « sujet futiles », car rien n’est futile en soi pourvu qu’on creuse vraiment l’information avec un regard critique aussi peu influencé que possible par les modes. Tout m’incite à croire que c’est la démarche de Sabrina dans son travail journalistique autant que dans sa vie quotidienne.
    Pour ce qui est de « s’écouter », je n’en resterais pas au domaine des émotions, croyances et choix de vie, bien que ce soit un passage incontournable. Il y encore beaucoup à fouiller dans l’écoute du corps (autrement dit des sensations), mais c’est un domaine qui demande un long investissement personnel : que faire avec les « symptômes bénins » qui jalonnent notre vie ? Comment gérer un diagnostic de pathologie grave ?
    Je croise une multitude de gens qui disent suivre leur instinct mais se précipitent chez l’ostéo ou l’acunpuncteur dès qu’ils ont le moindre mal au dos, ou font baisser la fièvre par des moyens « naturels »… Dans mon village nous avons mis en place un atelier mensuel « Santé autonome » qui permet à chacun, dans une démarche coopérative de partage de savoirs et de questionnement, de se prendre en main « de 7 à 107 ans », en transformant l’écoute du corps et les habitudes quotidiennes (nourriture, exercice, sommeil…). Comme ce travail touche aussi l’involontaire, il a pour résultat de recadrer ce que l’on peut attribuer à l’intuition.

    Encore une fois bravo pour les initiatives de Sabrina et son blog http://ca-se-saurait.fr !




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